La diversité et le parti socialiste

Lis moi avec webReader

 

On a longtemps considéré le vote des personnes issues de la diversité comme acquis au Parti socialiste. On s’est rendu compte que c’était faux, il fallait convaincre aussi cet électorat non homogène pour qu’il vote à gauche. Les congrès de Dijon et du Mans sont allés dans ce sens. Mais les élections législatives et municipales nous ont appris que ce nouveau défi de la gauche n’était pas si facile à gagner.

 


Histoire et définition de la diversité.
 
L’apparition du terme de « diversité » pour qualifier des personnes issues de l’immigration est récente. Ce terme s’est substitué à celui de « minorité visible ». La notion de « minorité visible » est plus scandaleuse. Elle a été employée  pendant une courte période. Elle vient d’un terme utilisé au Canada (pays dont la législation est basée sur l’appartenance communautaire plus que sur la citoyenneté comme en France). Elle a été utilisée pour qualifier notamment par sa couleur de peau une partie de la population française.

Cette notion nouvelle de « diversité » est apparue suite à la marche des beurs dans les années 1980. Avant cette marche, cette partie de la population était appelée « jeunes ou parfois français issus de l’immigration ».

Ces jeunes et ces moins jeunes sont devenus des 2G pour deuxième génération. Certains utilisent même actuellement le terme de 3G pour leurs enfants. Cette terminologie ne vaut que pour les descendants d’immigrés venant du Sud et tout particulièrement les régions d’Afrique où longtemps la France a exercé son hégémonie, son colonialisme. En France, on n’a jamais parlé d’immigrés de la deuxième ou de la troisième génération pour les descendants des travailleurs belges, polonais, espagnols, portugais ou italiens, mais il est vrai que la couleur de leur peau est blanche ! Anne HIDALGO, premier maire adjoint de Paris, née de parents immigrés espagnols installés à Lyon en 1961, n’est pas considérée comme faisant partie de la diversité et pourtant !

Pour une autre partie de la population, plus difficile à classer, les filles et les fils de harkis, on a parlé de Français musulmans. C’était la première fois depuis la loi sur la séparation de l’église et de l’État que l’on qualifiait une partie de ces citoyens par leur religion!

Après la marche, ils sont devenus des beurs.  Ils le sont restés longtemps, cela faisait jeune, branché!  Beur signifie arabe en verlan et blacks signifie noir en anglais. On qualifie donc une partie de la population française par sa couleur ou son ethnie supposée.

Est-ce que l’on a employé le terme de diversité pour tous les Français issus de l’immigration et nés à l’étranger? Non, prenons le cas d’une chilienne, née à Santiago du Chili, arrivée en France à l’âge de 10 ans  ne sachant pas parler le français. Elle n’est pas considérée comme faisant parti de la diversité alors qu’elle ne connaît la France que depuis 26 ans. Pourquoi ? Parce qu’elle est blanche, parle aujourd’hui le français sans accent et s’appelle Mélanie.

La diversité comme catégorie ne s’applique que pour les français issus de l’immigration dont la couleur de peau n’est pas blanche. Un noir fait parti de la diversité. Ses parents, ses grands-parents, ses arrières grands-parents… peuvent être Français depuis toujours, il fait quand même partie de la diversité. Pire encore les Français nés en métropole mais dont les parents sont nés dans les départements d’outre-mer, eux aussi font partie de la diversité. En 2007, George Pau-Langevin est définie comme le seul député issu de la diversité alors que Eric Jalton, Victorien Lurel et Louis-Joseph Manscour ne le sont pas puisqu’ils sont députés de la Martinique ou de la Guadeloupe! Même constat au Sénat pour Bariza Khiari et Jacques Gillot!

La diversité se définit avant tout par la couleur de la peau. Un asiatique qui s’appellerait Philippe Dupont, ou une fille de harkis qui s’appellerait Laurence Larguet seront considérés comme appartenant à la diversité. Cette diversité, ici, s’attarde sur le visuel!

Enfin, la diversité se définit par le prénom ou la religion. Rachid, Amara, Mamadou, Fatoumata, Gökhan font obligatoirement parti de la diversité, diversité issue de l’Afrique sub-saharienne, maghrébine ou turque. Le choix des prénoms musulmans marque le propos sur la religion. Mais la même analyse peut-être faite sur des prénoms tels que Yong, Chung ou Tao.

Le parti socialiste a donc usé d’un terme qui qualifie une partie  de sa population par sa couleur de peau voire son faciès, sa religion ou son prénom. Mais il est vrai que définir une partie de sa population qui est stigmatisée, n’est pas chose aisée, et jusqu’à présent, personne n’est en mesure de proposer une appellation satisfaisante. Analogiquement  à Churchill disant que « La démocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres » gardons ce terme de diversité, c’est le « moins pire » à l’exception de tous les autres.

La représentation de la diversité au PS.
 
Le parti socialiste compte parmi ses adhérents de nombreuses personnes issues de la diversité. Sur les 202 membres du conseil national, on en dénombre environ 20, sur les 95 premiers fédéraux de la métropole, un seul!

Il aura fallu attendre 1991 alors que la gauche était au pouvoir depuis 10 ans pour que Kofi Yamgnane devienne secrétaire d’Etat aux Affaires Sociales et à l’Intégration. Il aura fallu attendre 1997, pour qu’un député PS issu de la diversité entre par la grande porte à l’assemblée nationale, son nom  Kofi Yamgnane. Il aura fallu attendre 2004 pour que  Bariza Khiari devienne Sénatrice. A ce jour et malgré 15 ans passés au pouvoir, les gouvernements socialistes de 1981 à 2002, n’ont jamais nommé de ministre issu de la diversité!

En 1989, Nora ZA�DI devenait la première eurodéputée issue de la diversité. En 1994, zéro élu, en 1999, Harlem Désir fut élu et enfin en 2004, Kader Arif et Harlem Désir furent élus.

Sur 1719 conseillers régionaux élus en mai 2004, 30 l’ont été sous l’étiquette PS et sont issus de la diversité. C’était certes mieux qu’en 1998, il n’y en avait qu’une.
Sur 1939 conseillers généraux élus en mai 2004, on compte un seul élu PS issu de la diversité. En 2008, le résultat n’est guère meilleur!

En 2008, pour les élections municipales, alors que le parti avait annoncé 20 têtes de liste PS dans les villes de plus de 20000 habitants, une seule, Samia Ghali, a été élue maire.

Pourquoi si peu d’élus issus de la diversité ?

Les raisons sont multiples.
 
La première raison vient d’un sentiment bien étrange mais souvent répété : « les français ne sont pas prêts ! », attitude choquante et contradictoire lorsque l’on est socialiste! La question que l’on doit se poser honnêtement est : Est-ce que ce sont les électeurs français qui ne sont pas prêts ou est-ce le parti socialiste ? En tout état de cause, on préfère garder des sièges tout en cultivant cette ambiguïté ! Faire perdre la gauche n’est pas un choix acceptable mais tolérer cette première raison ne l’est pas davantage.

La deuxième raison est plus locale et plus sournoise. Certains élus locaux n’étaient pas prêts à céder leur place ou à freiner leur plan de carrière au nom de la diversité. Nous avons même pu assister en 2008 à des parachutages hors norme alors que les sections locales avaient investi un candidat issu de la diversité.

La troisième raison est l’âge des candidats. En effet, la plupart des candidats sont « jeunes », jeunes en politique ou ayant entre 35 et 45 ans. Il faut espérer qu’en 2009 pour les élections européennes et sénatoriales, en 2010, pour les élections régionales, en 2011 pour les élections cantonales, en 2012 pour les élections législatives et enfin en 2014 pour les élections municipales, ses candidats ne soient plus considérés comme des jeunes ou novices!

Les propositions thématiques:

1. Les membres du gouvernement, si la gauche l’emporte aux présidentielles, candidats aux législatives, devront avoir des suppléants issus de la diversité. Cela permettra d’avoir enfin des députés issus de la diversité à l’Assemblée nationale. Leur nombre reste à définir.

2. Lorsque les militants auront désigné un candidat issu de la diversité quelque soit l’élection et la taille de la commune, aucun parachutage ne devra être accepté.
3. Pour les élections à scrutin de liste (élections régionales et européennes), le bureau national devra veiller à ce que la diversité soit représentée à sa juste
valeur. 2 eurodéputés sur 30 ne reflètent en rien la réalité!

4. Les délégations attribuées aux élus de la diversité ne devront plus se cantonner aux délégations à la prévention de la délinquance, à l’intégration, à la jeunesse, aux quartiers. Les élus issus de la diversité peuvent s’épanouir sur les délégations comme celle des finances, de la culture, de l’enseignement…

5. Les femmes issues de la diversité auront toute leur place dans l’ensemble des scrutins qu’il soit nominal ou à liste ! Mais il faudra veiller à ce que le parti n’atteigne pas l’objectif obligatoire de la parité au détriment de la diversité. En effet, sur les 30 conseillers régionaux issus de la diversité 19 sont des femmes et 11 sont des hommes. On aimerait retrouver ce rapport homme femme à l’assemblée nationale ou au sénat!

Les propositions générales sur la dissidence:

1. Pour toutes les élections à scrutin de liste ou à scrutin nominal, tout dissident, qu’il soit tête de liste ou membre de la liste, devra être exclu immédiatement comme le stipulent nos statuts. Il vaudra veiller à ce que leur  réintégration au le parti socialiste ne se fasse pas au lendemain des élections ou quelques mois après.

2. L’investiture PS ne pourra pas être retiré aux candidats PS même s’ils n’arrivent pas en tête au premier tour et être donnée aux dissidents pour le second tour.

Partager avec :

  • Facebook
  • del.icio.us
  • Google Bookmarks
  • Blogosphere News
  • Live
  • MySpace
  • Wikio FR
  • email